Trente ans après sa création, le CED reste fidèle à une conviction simple : les communautés qui vivent de la forêt sont les mieux placées pour la protéger. Ce numéro de Moabi leur donne la parole.
Dans notre dossier, nous sommes allés à la rencontre de villages de l’Est qui gèrent eux-mêmes leurs forêts communautaires. Leurs réussites, comme leurs difficultés, éclairent les débats en cours sur la réforme foncière. Elles montrent qu’une forêt bien gérée par ceux qui l’habitent peut à la fois nourrir les familles, financer une école et rester debout.
Ces avancées restent fragiles. Les permis miniers, les concessions agro-industrielles et les grands chantiers d’infrastructures continuent de grignoter des terres que les villages occupent depuis des générations, souvent sans qu’ils aient été consultés. Notre enquête sur les zones minières de l’Est le rappelle avec force.
Vous lirez aussi l’entretien d’une cheffe de communauté, une analyse de l’avant-projet de loi foncière, un regard sur les outils numériques qui permettent aux villages de cartographier leurs terres, et les chiffres qui mesurent le chemin parcouru.
Ce magazine se veut un espace d’échange entre les communautés, les chercheurs, les décideurs et tous ceux qui s’intéressent à l’avenir des forêts d’Afrique centrale. Vos réactions et vos témoignages y ont leur place.
Le moabi, arbre géant de nos forêts, a donné son nom à ce magazine. Il peut vivre plus de mille ans et ses fruits nourrissent hommes et animaux. Comme lui, nous voulons durer et transmettre. Bonne lecture.