Auteurs: TAPIMALI Diane, NGOUBE NGOUBE Edith Christian, ENGAMBA Giovanny,
TIDO Cladelle, MBANG ATANGANE Delor Michel
Propositions à partir de l’expérience des femmes des arrondissements de Yoko et de Nanga-Eboko
La femme rurale est une actrice économique qui transforme le milieu naturel en ressources de subsistance ; sa réalité est bien distincte de celle de la femme urbaine qui vit dans un milieu régit par le droit moderne et qui peut générer des revenus à partir du commerce, du salariat, des services, sans avoir un besoin vital d’accéder à la terre. Ainsi, la femme rurale a pour principal capital le sol, dont elle dépend à 80 % pour nourrir sa famille et générer des revenus. Perdre l’accès à la terre s’assimilerait à une perte d’emploi, de source de nourriture, voire de statut social, l’affectant directement et indirectement toutes les personnes qui dépendent d’elle, dans et en dehors de la communauté à laquelle elle appartient. Pourtant, bien qu’elle soit principale garante de la sécurité alimentaire, le droit coutumier qui régit l’accès à la terre et aux ressources naturelles limite le contrôle qu’elle exerce sur la terre mise en valeur, qui reste la propriété de son père ou de son mari selon le cas. L’apparition de nouveaux défis dans les arrondissements de Yoko et de Nanga-Eboko entraîne une diminution des terres cultivables, tout en renforçant la vulnérabilité des femmes rurales.